Evoluer dans un studio qui a une âme

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Frédéric Bibet, est un des piliers chez Ludia. Fort de 28 ans d’expérience dans l’industrie du jeu vidéo, il est passé par tous les échelons du métier ce qui lui donne une vision étendue, éclairée et précise de la production d’un jeu. Au cours de sa carrière il a également été témoin des grands changements de cette industrie bouillonnante rythmée par un maître mot = évolution continue. 

Aujourd’hui VP de la Production, Frédéric est arrivé chez Ludia il y a maintenant 12 ans. Son aventure a commencé en tant que partenaire indépendant avec la compagnie Mistic Software qui développait des jeux consoles pour Ludia, avant de poursuivre au sein même du studio,  Mistic ayant rejoint la belle famille Ludia après une collaboration fructueuse établie pendant plusieurs années. Ce parcours a permis à Frédéric de voir l’évolution complète de la compagnie, de ses tous débuts au studio que Ludia est aujourd’hui.

Depuis son arrivée, Frédéric a continué à grandir au rythme de la croissance du studio. Il a travaillé avec passion, il a relevé ses manches pour surmonter de nombreux défis, il s’est remis en question, il a appris, beaucoup, et le plus important pour lui : il continue de le faire chaque jour.

Un studio qui a une âme

A l’époque où Frédéric a connu le studio et Alexandre Thabet – CEO-, Ludia était une toute petite compagnie. Travaillant alors comme partenaire indépendant, il était impressionné de le voir jour après jour grandir si rapidement et passer de 7, à 14, puis 20, puis 40 jusqu’à une centaine de personnes. Cette volonté et cette capacité entrepreneuriales qui émanaient des fondateurs, et leur permettaient d’aboutir à la signature de partenariats avec des licences de renoms comme Price Is Right, Hell’s Kitchen, ou encore Family Feud malgré leur toute jeune existence, lui ont tout de suite fait dire « Wow ils savent ce qu’ils font, ils savent où ils vont avec leur entreprise ».

En 2010, il rejoint officiellement Ludia et devient le bras droit du VP production. Débuts challengeants avec le jeu Bachelor à livrer en très peu de temps. Pour ce projet complexe il a fallu apprendre énormément autant pour lui que pour son équipe, et à force de travail et d’une motivation incroyable le projet aboutit ! S’ensuit un autre projet aux échéances une nouvelle fois serrées: The Amazing Race. Le travail est aussi dur que passionnant, mais ce que Frédéric retient de cette période c’est surtout les équipes. Elles sont alors composées principalement de juniors mais sont extraordinaires, avec des coéquipiers motivés, hyper volontaires, patients et à l’écoute, une soif d’apprendre et de réaliser leurs projets même si les défis étaient de taille. Nombreux de ses tous premiers collaborateurs dans cette aventure ont d’ailleurs continué au fil des années de grandir à ses côtés et évoluer pour devenir des membres clés du studio.  Ils ont développé leur potentiel et ont contribué à faire de Ludia ce qu’il est aujourd’hui. Mais ce qui est encore plus génial c’est qu’ils sont aujourd’hui toujours aussi unis, enthousiastes et volontaires pour participer à la construction du Ludia de demain. 

Alors que les jeux n’étaient pas si impressionnants dans les débuts, et la construction d’une gestion efficace n’en était qu’à ses prémisses, Frédéric a tout de même rapidement vu le potentiel et l’avantage de rejoindre Ludia. Il y voyait l’occasion d’apprendre énormément des fondateurs et d’Alexandre Thabet notamment – ce jeune entrepreneur qui osait, avait une vision et une ambition tout en restant profondément humain. Mais plus important pour lui, il a de suite compris que Ludia avait une véritable âme. Dans l’ADN même du studio s’inscrivent des valeurs auxquelles il adhérait et adhère toujours passionnément aujourd’hui.

Savoir prendre des risques…

En 2011, Frédéric voit Alexandre prendre une décision importante, un choix audacieux pour le studio : l’arrêt des jeux consoles pour se concentrer uniquement sur des jeux Facebook et mobile. Il est une nouvelle fois impressionné par cette capacité à avoir une vision et une ambition, à aller « all in » sur une nouvelle voie, guidé par des convictions fortes. Cette énergie et cet esprit entrepreneurial complètent la personnalité plus pragmatique de Frédéric, et ça l’inspire !  De son côté, Frédéric était et est toujours très analytique, ce qui le pousse à chercher et collecter une quantité suffisante d’information et consulter ce qu’il jugera assez de personnes pour pour accompagner le processus décisionnel. Maîtriser un sujet lui permet de se positionner en tant que décisionnaire, bien plus que la position hiérarchique qu’il occupe en tant que telle. Là où Alexandre à cette capacité à viser encore plus loin pour le futur avec ses idées et ambition, et embarquer les gens dans son aventure, Frédéric est capable de faire des choix décisifs pour les jeux en eux-mêmes, arbitrer là où il le faut avec pragmatisme pour pouvoir livrer les jeux grâce à sa maîtrise pointue des problématiques . Il prend conscience que l’un ne peut pas aller sans l’autre : sans vision on ne va pas assez loin, et sans gestion pragmatique le projet n’aboutit pas. Une belle complémentarité ! 

Cette décision d’aller sur des jeux mobiles et free-to-play uniquement nécessitait de tout apprendre à cette époque. Un nouveau champ de connaissances et de possibilités à explorer s’ouvre alors. Frédéric en garde probablement ses meilleurs souvenirs. Une période extrêmement enrichissante où toute l’équipe, lui-même, et Alexandre apprenaient et échangeaient ensemble tous les jours,  une énergie créative incroyable les portait chaque matin. Beaucoup n’y croyaient pas et se demandaient un peu ce qu’il se passait : pourquoi se concentrer sur du mobile ? C’est fou de créer des jeux gratuits ! Puis arrive le lancement du premier Jeu Family Feud & Friends qui monte à plus de 1 million de DAU ! A partir de là, tout le monde a su que c’était un pari gagnant et les équipes sont devenues vraiment emballées par ce nouveau modèle. Un gros tournant pour l’histoire de Ludia qui a décidé de revoir sa structure et s’organiser au mieux pour suivre cette nouvelle évolution. Depuis, le studio n’a cessé de grandir et est passé de 100 à 400 merveilleux Ludiens qui travaillent chaque jour à pousser le studio toujours plus loin !

… Mais aussi prendre du recul, se remettre en question.

Il y a deux ans, Frédéric et l’équipe exécutive décident de prendre du recul. Quel est le chemin parcouru et surtout : où voulons-nous aller à l’avenir ? Il y a eu beaucoup d’adaptations au fil des années face à la croissance exponentielle du studio. Et fort de son expérience, Ludia n’est plus une start-up, c’est un studio solide qui demande aujourd’hui des changements plus profonds pour arriver à l’étape d’après, et non plus de ce qu’on pourrait qualifier de « micro » adaptations. Une grosse réflexion est alors initiée. Frédéric avec les exécutifs et main dans la main avec les experts métiers que sont Serge Mongeau, Jimmy Beaubien, Marc Antoine Ledoux, Raphaël Monin et avec le soutien de l’équipe RH, se questionnent et explorent les meilleures façons d’organiser le studio pour atteindre de nouveaux objectifs et fournir les meilleurs outils et environnements de travail pour développer les employés et des jeux dont la qualité ne cesse d’être améliorée.

Au cours de ces discussions pour le studio, Frédéric prend conscience qu’il doit lui-même entamer une réflexion plus personnelle et déprogrammer certaines pensées et automatismes qu’il peut avoir pour passer à une nouvelle étape de son évolution personnelle au sein de Ludia. Son travail est un travail-passion incroyable, porteur de tellement d’opportunités de grandir, et c’est ce qui lui donne encore et toujours cette envie de faire les choses et de toucher à tout. Mais il se remet en question et comprend doucement que ce n’est plus possible, arrivé à son niveau, de tout gérer. Ses responsabilités changent et évoluent, on ne l’attend plus aujourd’hui là où on l’attendait il y a quelques années.

Avec ses équipes, il creuse et pose des questions parfois extrêmement détaillées pour les pousser à aller plus loin, à mieux exprimer leurs idées et aller le plus possible dans les détails, décortiquer les éléments afin d’atteindre une maîtrise des problématiques pour être à même de prendre les décisions les plus éclairées possible. Cette attention aux détails, cette manière de les pousser à comprendre complètement un sujet et pouvoir partager ensuite leurs connaissances, c’est sa façon de les aider à se dépasser. Aujourd’hui il travaille et veut encore évoluer pour l’avenir sur cette réflexion de comment mieux gérer ses équipes, comment leur donner ce dont elles ont besoin pour évoluer à leur tour, grandir, devenir les meilleures versions d’elles-mêmes pour pouvoir fonctionner de façon autonome. Dans cette optique, pour supporter les équipes et l’aider dans la gestion, des décisions concrètes ont déjà commencées à être prises, dont notamment la création de deux nouveaux rôle clé structurants pour Ludia :   Chef des Opérations et Chef de la création. Tout ce cheminement est sans doute l’un des plus gros projets dans lesquels il s’est lancé.   Parce que: “ un projet, tu le fais avec les gens. Comme sur un bateau, tu peux être celui à la barre, prendre des décisions, écouter le vent et la mer mais tu navigues avec des gens. C’est l’équilibre parfait entre autonomie, connaître son rôle au sein du groupe et savoir faire sa part efficacement, et la coordination de tout l’équipage qui travaille dans un même but pour atteindre la même destination qui permet de l’atteindre avec succès. Si tu n’écoutes pas tes gens, si tu ne leur donnes pas les clés pour réaliser leur tâches de façon autonome, une vision de l’impact qu’ils ont sur l’ensemble de l’équipe et une destination commune claire, il y a un gros risque de ne jamais arriver à destination, ou qu’au moment où tu dois virer de bord, tes gens tombent à l’eau ou ton bateau finisse par couler.”  

L’important pour lui est maintenant de construire les choses sur une notion d’infini, laisser un héritage et voir ses gens s’épanouir.

« Le jour où je partirai, le studio va continuer de grandir et je veux être fier d’y avoir participé et d’avoir tracé les bonnes voies pour qu’ils y arrivent. L’idée est de créer une compagnie infinie, au-delà de soi, la préparer et lui donner les automatismes nécessaires pour qu’elle puisse grandir d’elle-même. Il faut que ça résiste au temps. C’est dans cette même optique que nous créons nos jeux aussi, pour qu’ils perdurent, qu’ils résistent au temps. »  

Un apprentissage permanent et une évolution continue

En 12 ans chez Ludia, si Frédéric a conservé un trait qui le caractérise c’est bien sa soif d’apprendre. L’évolution du studio, des jeux, mais aussi de son propre rôle ont demandé des adaptations, des apprentissages et des remises en questions. Et au-delà de ça Frédéric reste aussi profondément passionné par toutes les nouveautés de cette industrie. Cette ouverture aux autres, cette volonté de partage avec ses coéquipiers chez Ludia mais aussi ses contacts extérieurs ou encore sa participation à des tables rondes, et cette curiosité toujours si vive aujourd’hui font partie de son ADN. S’il est tellement ancré chez Ludia, c’est aussi parce que toutes ces valeurs se retrouvent dans les fondations du studio. Grâce à cela, il continue de se développer, d’apprendre et de partager ses connaissances pour faire avancer le studio et ses équipes plus loin. 

Pour continuer à grandir et évoluer, les changements et le mouvement perpétuel sont nécessaires. Quand on lui demande “est-ce que c’est confortable ?” Il nous répond naturellement:

“ Le soir tu es crevé, parfois tu te dis que tu n’as pas assez avancé que tu as dû gérer trop d’imprévus, mais alors tu prends du recul et tu regardes le positif et tout ce que tu as fait réellement. C’est important de se forcer à conscientiser le chemin parcouru et pas seulement ce qu’il reste à parcourir. Alors, est-ce que c’est confortable ? Non, ce n’est jamais confortable, mais c’est tellement passionnant et motivant ! ” 

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