Créatifs chez Ludia : parcours d’un artiste talentueux et prometteur, Felipe Ramos.

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Artiste. Si vous en recherchez la définition, vous en trouverez 1000 différentes : personne qui se voue à l’expression du beau, maître d’une technique,  créateur d’émotions. En vérité il en existe une pour chaque personne pratiquant l’Art avec un grand A, au sens large du terme. Chez Ludia, nous avons la chance d’en compter près de 100 aujourd’hui. Inspirants, passionnés, travailleurs acharnés, talentueux et experts curieux, chacun trouve son inspiration de manière différente. Un mot pour qualifier cette équipe qui nous émerveille quotidiennement avec ses créations : richesse.

Aujourd’hui on embarque dans un voyage avec Felipe Ramos, artiste concept sur notre jeu Dragons : Titan Uprising.

Felipe

Artiste concept : késako ?

L’artiste concept est un pilier dans la production d’un jeu vidéo. Son objectif est de mettre en image ce qui n’est jusqu’alors qu’un concept vivant dans l’esprit des concepteurs. C’est à travers ses créations que le projet prend vie. Tout son travail va permettre au reste de l’équipe de visualiser quelle direction prend le projet et d’avancer ensemble vers cet objectif final.

Un des traits les plus importants chez un artiste concept ? Pour Serge Mongeau, notre expert art, «c’est la volonté de vouloir toujours améliorer ses méthodes de travail, être curieux, explorer de nouvelles techniques ». Et c’est cet aspect de la personnalité de Felipe qui fait de lui un artiste, déjà talentueux, mais surtout prometteur. « Felipe est particulièrement curieux et n’hésite pas à embrasser de nouvelles techniques, pour améliorer sa productivité et définir des univers cohérents à travers une multitude de personnages. »

Passion et travail acharné

Pour être un bon artiste, il n’est pas uniquement question d’avoir de bonnes prédispositions, un talent naturel. Réussir une carrière artistique est un parcours souvent semé d’embûches. Cela requiert une volonté de fer et un travail acharné, particulièrement pour le métier d’artiste concept. Ce rôle étant assez similaire de studio en studio, la compétition est encore plus féroce à l’échelle mondiale. Vous devez être  passionnés et dédiés à votre art pour pouvoir en faire votre métier. Mais si curiosité, travail, sacrifices et engagement sont vos mantras quotidiens, vous pourriez bien faire des étincelles !

Pour atteindre son but, Felipe a travaillé sans relâche jusqu’à développer les capacités nécessaires pour pouvoir entrer dans une école artistique ici à Montréal. Une fois cette étape passée, le chantier restait entier. Quitter ses amis et sa famille restés au Brésil et se retrouver avec d’autres artistes en devenir aussi travailleurs que talentueux a été une étape difficile mais a forgé un peu plus sa combativité. 

Aujourd’hui encore il met un accent particulier sur l’auto-formation. Tutoriels disponibles sur internet, échanges avec ses collègues et gestionnaires, apprentissages de nouveaux logiciels, classes en ligne dispensées par les artistes dont le travail l’inspire le plus : toute source d’apprentissage est bonne à prendre. Au fil du temps, en tant qu’artiste concept il est arrivé à la constatation qu’il ne pouvait pas «simplement se spécialiser dans une seule forme d’art ». Et cette soif d’apprendre a été nourrie par le discours de ses professeurs qui l’ont guidé, non seulement à travers la maîtrise de techniques existantes, mais aussi vers la recherche constante de nouvelles connaissances, d’innovations, de nouveauté. Elle est également peut-être un peu motivée par une crainte d’être dépassé dans cet univers en évolution rapide et constante.

Albert Einstein a dit un jour : « Le génie se fait avec 1% de talent et 99% de travail ». Et c’est tout aussi vrai en ce qui concerne l’art.

Pourquoi utiliser la citation d’un génie scientifique dans ce contexte ? Vous allez voir que c’est tout à fait à propos!

Science et technologie, au cœur de l’inspiration de Felipe

Lorsqu’on lui demande s’il a toujours voulu emprunter le chemin d’une carrière artistique, Felipe répond : « Oui, j’ai toujours voulu être un artiste, ou un scientifique. Le jour où j’ai vu une exposition de Leonardo Da Vinci à Sao Paulo quand j’étais enfant a littéralement changé ma vie. A partir de ce moment, mon objectif a été d’arriver un jour à embrasser une carrière qui me permette une liberté de création similaire.»

Après des études en Biologie à Rio, et s’être confronté rapidement à la dure réalité concernant  la science au Brésil, Felipe s’est dédié à son art.

Mais l’univers scientifique n’a jamais vraiment quitté son esprit. Aujourd’hui encore, en plus de s’inspirer de ses expériences personnelles, de ce qui l’entoure, des événements auxquels il assiste, les films qu’il regarde ou les environnements dans lesquels il évolue, la science et la technologie conservent une place particulière dans ses inspirations. Son obsession du moment ? Le mouvement de l’intelligence artificielle dans l’art. De plus en plus de technologies permettent de faire de l’art et changeront à l’avenir les procédés de création, la pratique des artistes et leur réflexions. C’est cette partie qu’explore Felipe, dont le fil de pensée est alimenté tant par ses propres recherches que par les échanges avec certains de ses pairs, profondément captivés par ce sujet.

L’idée derrière tout ça ? Toujours avoir un œil tourné vers l’évolution future possible pour son métier.

Univers du jeu vidéo et processus de création

Même s’il a pensé travailler pour l’industrie des films, Felipe a “toujours su que les jeux vidéo seraient l’étape d’après.» «Ce n’était qu’une question de temps pour que les graphismes que je voyais deviennent des expériences immersives complètes, comme une progression évidente. Aujourd’hui  [les jeux vidéo] ont le potentiel de devenir la forme d’art et d’immersion ultime.»

Ce qui le stimule le plus dans son travail, c’est la création d’univers et de monde. Tout doit avoir une logique lorsqu’il les crée. Les personnages et créatures sont les éléments qu’il aime particulièrement réaliser, que ce soit dans le cadre de son travail chez Ludia, ou même personnellement. Il équilibre en effet son temps entre sa pratique artistique professionnelle pour les différents projets en cours et son exploration constante à travers ses projets personnels sur son temps libre. Son esprit créatif ne se limite pas à ses heures de travail ! Et si vous ne l’aviez pas encore compris, comme tout mordu de technologie qui se respecte, il adore également avoir à disposition un large panel d’outils et de logiciels. De cette manière il se force à apprendre de nouvelles façons de faire les choses régulièrement. Ses gestionnaires sont particulièrement ouverts à ce qu’il explore et aille toujours plus loin dans sa pratique artistique pour lui permettre de développer son plein potentiel.  

Et le processus de création pour un artiste concept, comment ça se passe chez Ludia ?

Bien sûr chacun des artistes a un fonctionnement et une vision un peu différente. Pour Felipe, « cela varie beaucoup, dépendamment des éléments demandés ou de l’utilisation qui en sera faite.» Dans tous les cas, certains éléments restent constants dans la démarche comme la partie recherche de références et constitution de moodboards. Ensuite, pour les éléments de concept, il partira plutôt sur de la 2D en faisant un modèle de base qu’il pourra peindre sur Photoshop. Pour ces éléments sa technique favorite reste de travailler manuellement et de peindre le tout, car ça reste le moyen le plus rapide d’avoir un rendu réaliste. Pour une illustration, comme un écran de démarrage, il passera sur un processus 3D. Plus long, il permet tout de même de travailler sur des angles intéressants et changer la perspective caméra. Et pour des éléments à intégrer dans les jeux, il partira sur une base de concepts 2D puis passera sur les modèles 3D des meilleurs idées validées pour facilement inter-changer certaines parties et créer plus de variantes. Les rendus finaux étant en 2D, les dernières étapes qu’il réalise consisteront à intégrer des textures basiques, effectuer les rendus et peindre ces éléments pour les rendre les plus attrayants possible !

Covid-19 et créativité 

Comme tout le reste du studio nos artistes travaillent de la maison. Certains éléments restent les mêmes quel que soit le métier exercé. Ainsi, la nécessité de s’adapter, de trouver les meilleurs façons de communiquer à distance, et les éléments positifs que constituent une plus grande intimité, la possibilité d’être moins interrompu et de profiter d’un peu plus de temps libre en économisant le temps de transport est commun à tous.  

De manière générale, le quotidien de travail de Felipe, comme celui de bon nombre d’artiste, n’a pas drastiquement changé depuis la mise en place du travail à distance : même matériel, mêmes meetings adaptés en virtuels, projets toujours en cours. Ce sont les éléments liés au « confinement » en lui-même plus qu’au travail à distance qui peuvent avoir un impact sur sa pratique artistique. Très inspiré par les détails du quotidien, ce sont ses expériences sociales, être aux contacts de différentes personnalités, capter des éléments de la vie extérieure qui nourrissent son travail créatif. « Pour l’inspiration ça peut être compliqué, ça peut causer des blocages. Par exemple, quand je dois développer des images qui font écho à l’été et toute l’énergie caractéristique de cette saison… et bien c’est compliqué quand je ne peux pas en avoir un aperçu dehors.»  Il est donc un plus « forcé » de puiser son inspiration sur internet ces derniers temps.

Puis pour finir bien entendu, tant pour quelqu’un qui a des enfants qu’une personne qui vit seule, l’organisation est vite devenue une priorité. Non pas qu’il n’en avait pas une qui fonctionnait bien auparavant, mais le travail à distance a nécessité de nouvelles optimisations. Les retours de ses pairs ont donc été clés pour cette partie, et il continue également à bien respecter les horaires de travail réguliers du bureau même s’il pourrait être tenté de décaler ce temps de travail aux moments où il se sent le plus inspiré dans la journée. Ainsi il garde le bon rythme et un bon équilibre.

Ses conseils en cette période de pandémie ?

Même si c’est parfois complexe, il faut essayer de se tenir informé tout en se protégeant du chaos médiatique. Ça permettra de garantir au maximum une bonne santé mentale. Et n’oubliez pas l’importance de déconnecter du travail, surtout lorsque l’on vit seul. « Les 2 premières semaines c’était compliqué parce que j’ai le même système de son pour mon ordinateur personnel et celui de Ludia. Il m’arrivait de ne pas brancher le système au bon ordinateur et d’entendre mes notifications Slack lorsque ma journée de travail était terminée et que je me mettais sur mes projets personnels. Ça pouvait m’encourager à revenir sur mes projets professionnels. Depuis je fais plus attention pour bien délimiter les temps de travail, et les temps dédiés à ma vie personnelle, et conserver le bon équilibre.»

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